Entrevue publiée par Afi U. le 16 février 2015
Dans cette entrevue, Afi U. s'entretient avec Gilles Brouillette, docteur en psychologie transpersonnelle et cofondateur de l'Institut de formation transformationnelle, sur les stades de conscience qui distinguent un leadership héroïque (réactif, centré sur l'ego) d'un leadership post-héroïque (collaboratif, systémique). Il y explique pourquoi 90 % des dirigeants restent plafonnés au stade héroïque, et présente le passage du paradigme du « OU » à celui du « ET » comme levier central de transformation.
Gilles Brouillette est cofondateur de l'Institut de formation transformationnelle et codirecteur du programme de leadership transformationnel au Centre de formation continue de l'Université d'Ottawa. Depuis plus de 25 ans, il étudie le développement organisationnel et forme des dirigeants à l'échelle internationale. Il détient un doctorat en psychologie transpersonnelle et est certifié coach exécutif.
Gilles Brouillette : J'étudie le processus de transformation depuis que j'ai commencé à exercer en tant que psychologue transpersonnel, en observant les êtres humains d'un point de vue pédagogique et transformationnel. Mes études m'ont aidé à comprendre que nous sommes dans un processus continu de croissance et de transformation tout au long de notre vie.
Les recherches de Joiner, Torbert, Cook-Greuter et Wilber indiquent qu'il existe sept stades de maturité et de conscience chez l'adulte. Mes travaux en leadership visent à comprendre ces stades, et en particulier le passage d'une conscience égosystème (stade héroïque) à une conscience écosystème (stade post-héroïque).
La plupart des dirigeants pensent, agissent et communiquent à partir d'une conscience égosystème. À ce stade, le dirigeant agit de manière réactionnelle, influencé par le passé, et cherche principalement à satisfaire ses propres besoins : avoir raison, bien paraître, être celui qui « fait bouger les choses ». 90 % des dirigeants restent plafonnés à ce stade.
Seuls 10 % des dirigeants parviennent à transcender ce plafond. À ce stade (catalyseur, cocréateur, synergiste), le dirigeant reconnaît, de façon expérientielle, que nous faisons partie d'un système interdépendant, et privilégie la collaboration à l'action individuelle.
Le passage d'un stade à l'autre repose sur un changement de modèle mental fondamental :
Ce changement de mentalité est souvent vécu comme un « éveil », et constitue la stratégie de base pour transformer la conscience et accéder à un leadership post-héroïque.
Gilles Brouillette : Oui. La transformation, c'est la capacité de voir son propre mode de pensée, de s'en détacher, de l'examiner et de l'améliorer. Pour y arriver, il faut séparer son mode de pensée de sa conscience.
Le processus transformationnel implique de se reconnaître comme la présence qui se trouve derrière ses pensées. Une fois dans cet état, on peut voir ses pensées sans s'y identifier, et donc les changer à volonté.
Notre travail consiste à aider les dirigeants à s'éloigner d'un modèle de conscience conditionnée, souvent inconscient, pour développer ce que nous appelons l'agilité transformationnelle : la capacité à reconnaître ses modèles mentaux, à les remettre en question et à les faire évoluer vers un niveau supérieur de conscience et de performance.
Afi U. propose des formations en leadership qui s'appuient sur des recherches comme celles présentées dans cette entrevue. Pour en savoir plus, consultez le catalogue de formations en leadership d'Afi U.